Rappel du principe de l’induction (bases communes)
Toutes les plaques à induction fonctionnent sur le même principe électromagnétique. Une bobine placée sous la vitre génère un champ magnétique alternatif. Ce champ traverse le récipient et provoque l’apparition de courants de Foucault dans son fond. Ces courants échauffent directement le métal, sans chauffer la vitre elle-même.
L’inducteur est donc l’élément central du système. Il ne produit pas de chaleur par contact, mais par interaction magnétique avec le récipient. Sa forme, sa taille et sa position définissent la zone réellement chauffée. En dehors de cette zone, l’efficacité chute fortement.
Le récipient joue un rôle déterminant. Son fond doit être ferromagnétique pour réagir au champ magnétique. Sa taille, son épaisseur et sa planéité influencent la montée en température, la stabilité de cuisson et le rendement global. Une casserole trop petite ou mal centrée limite l’activation de l’inducteur. Un fond trop fin ou déformé dégrade l’homogénéité de chauffe.
Ces principes sont communs à toutes les plaques à induction, quelle que soit leur gamme ou leur architecture. Les différences entre modèles ne portent pas tant sur l’induction elle-même (bien que la qualité des composants soit importante), mais sur la manière dont les inducteurs sont organisés et pilotés.
Induction à foyers fixes (induction « classique »)

L’induction à foyers fixes repose sur une architecture simple et fiable. Chaque foyer visible sur la vitre correspond à un inducteur dédié, généralement circulaire, placé à un endroit précis. Le foyer fonctionne de manière indépendante, avec une puissance maximale définie. Chez Electrolux par exemple, les inducteurs sont réputés extrêmement fiable pour ce type de plaque.
Le fonctionnement est direct. Lorsque le récipient est posé sur le foyer, l’inducteur associé s’active. La zone de chauffe reste limitée à la surface couverte par la bobine. Si le récipient dépasse cette zone, la partie extérieure ne reçoit pas de chaleur effective. Le foyer peut être double c’est-à-dire une double bobine qui se déclenche pour les plus petite casseroles (10 cm à 20 cm) avec une seule couronne. Les meilleurs inducteurs acceptent même du 8 cm. La seconde zone, plus grande, s’active pour les grands ustensiles allant parfois jusqu’à 32 cm de diamètre.
À l’usage, ce type d’induction présente plusieurs avantages. La lecture des zones de cuisson est claire. Le positionnement des casseroles est habituel. La gestion de la température est une question d’habitude. Cette architecture convient bien aux usages courants.
Les limites apparaissent surtout avec des ustensiles de grand format. Les plats allongés, les grandes poêles ou les planchas ne sont chauffés que partiellement. Le placement des récipients reste contraint par la position des foyers. La flexibilité est donc réduite, même si la puissance nominale peut être élevée (jusqu’à 5.5kW).
Ce type d’induction constitue une base fiable et éprouvée, mais il montre rapidement ses limites dès que l’on recherche plus de liberté de placement ou une polyvalence accrue.
Table induction à zones Flex (zones modulables)

La table à induction à zones Flex repose sur une organisation différente des inducteurs par rapport à une induction classique. Ou plutôt un pilotage différent. Au lieu d’inducteurs isolés et indépendants, plusieurs bobines sont regroupées au sein d’une même zone. Ces inducteurs travaillent de manière coordonnée pour former une surface de chauffe plus large et plus adaptable. Celle-ci peut être circulaire comme vue précédemment, ou alignée, avec des inducteurs le plus souvent octogonaux (plutôt rectangulaire à 8 côtés).
L’organisation en groupes d’inducteurs permet de créer des zones rectangulaires ou longitudinales. Chaque groupe est piloté comme une seule zone de cuisson, même s’il repose sur plusieurs inducteurs physiques. Cette approche autorise l’utilisation de récipients de grande taille, comme des plats à poisson ou des casseroles allongées, à condition qu’ils restent dans les limites de la zone Flex définie. La zone se fait sur toute la profondeur de la table induction et parfois ajoute même une zone longiligne sur le côté (tables BSH).
Le fonctionnement repose sur des capteurs de présence et de taille. Ces capteurs détectent si un récipient est posé sur la zone et évaluent sa surface de contact. L’électronique active alors uniquement les inducteurs nécessaires, ce qui améliore l’efficacité énergétique et la répartition de la chaleur. Cette détection reste limitée à la zone Flex. Le système ne reconnaît pas librement toute la surface de la plaque.
Les cas d’usage pertinents concernent les cuisines où l’on utilise régulièrement des ustensiles de formats variés. Sans aller jusqu’à une liberté totale de placement, les zones Flex conviennent bien aux cuisines ouvertes, aux plans de travail larges et aux utilisateurs qui alternent entre cuisson quotidienne et préparations plus spécifiques.
Les limites structurelles tiennent à la nature même des zones modulables. La flexibilité reste encadrée par des zones prédéfinies. Un récipient placé partiellement hors de la zone Flex ne sera chauffé que sur la partie reconnue. La liberté de positionnement demeure donc inférieure à celle d’une surface totalement pilotée. De plus, la puissance disponible est partagée entre les inducteurs du groupe, ce qui limite la montée en température lorsque plusieurs zones Flex fonctionnent simultanément. Ce phénomène est toujours présent quelle que soit la table induction.
Induction full surface full zone (surface pilotée)

Ici nous entrons dans l’univers haut de gamme des tables induction. Sur les tables à induction FulklZone (Zone totale) les plus abouties, le fonctionnement repose sur une électronique de puissance capable de piloter chaque inducteur de façon indépendante et très fine. La détection du récipient ne se limite pas à une information binaire de présence, mais s’appuie sur l’analyse électrique de chaque bobine. La variation d’impédance permet d’évaluer la charge appliquée, d’estimer la surface de contact et d’ajuster en temps réel la puissance délivrée.
Ce pilotage précis autorise une régulation plus stable, en particulier à basse puissance, et améliore l’homogénéité de chauffe sur l’ensemble de la surface utile. La puissance n’est plus simplement commutée par cycles, mais modulée de manière continue selon les besoins réels de cuisson.
Ceci explique pourquoi ces architectures restent réservées aux tables à induction haut de gamme. Elles nécessitent des composants électroniques de plus grande qualité, une gestion thermique maîtrisée et un logiciel de contrôle avancé capable de coordonner simultanément de nombreux inducteurs. La surface de cuisson devient alors véritablement pilotée, et non simplement découpée en zones prédéfinies.
Comparaison entre les trois tables induction et conclusion
La liberté de placement constitue le premier facteur différenciant. L’induction à foyers fixes impose un positionnement précis des ustensiles. Les zones Flex offrent une liberté partielle, limitée à des surfaces prédéfinies. La full surface permet un placement beaucoup plus libre, avec une adaptation dynamique de la zone chauffée à la position réelle des récipients.
La polyvalence des ustensiles suit la même logique. Les foyers fixes conviennent bien aux casseroles et poêles standard. Les zones Flex acceptent mieux les grands formats et les plats allongés. La full surface c'est la liberté totale.
La stabilité de cuisson dépend du pilotage électronique. Une induction classique offre une régulation correcte mais souvent plus cyclique à basse puissance. Les zones Flex améliorent la répartition de chaleur sur les grands récipients. Les surfaces pilotées permettent une modulation plus fine, ce qui favorise une meilleure stabilité, notamment pour les cuissons longues ou délicates.
Bien-sûr les gamme de prix évolue à la hausse selon que vous choisissez des inducteurs fixes, reliés ou pilotés.
Quelle architecture choisir selon son usage et son projet
C'est véritablement une question de budget et d'habitude culinaire. Si vous possédez de très grands plats, il vous faudra a minima une zone flex. Et si vous êtes adeptes de nombreuses casseroles, sauces et plats, il faudra privilégier les Fullflex. N'oubliez pas que "qui peut le plus peut le moins".Une table induction peut durer 15 ou 20 ans, autant bien la choisir au départ.
Conclusion
Toutes les plaques reposent sur le même principe d’induction. Les différences entre induction simple, zones Flex et full surface tiennent à l’architecture des inducteurs et à leur pilotage électronique. Ces choix techniques influencent directement la liberté d’usage, la polyvalence et le confort de cuisson. Il n’existe pas de solution universelle. Le bon choix dépend du besoin réel, des habitudes de cuisson et de la cohérence avec le projet de cuisine; les table fullflex étant plus larges. Comprendre ces architectures permet d’aller au-delà du discours marketing et de sélectionner une table à induction réellement adaptée à votre usage.

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