Tout d’abord la vidéo :

Extensions de garantie, oui mais…

Comme nous avons pu en parler dans différentes réponses de commentaires sur ce blog de conseil en électroménager, les garanties de service après-vente ne sont intéressantes que la première année, et je dirais même, que le premier mois.

Donc, « à la poubelle » les extensions de garantie ?
Pas tout à fait, car elles rassurent le consommateur, sur la marque, et sur l’enseigne.

Pourtant, d’après plusieurs analyses du marché, les appareils tombent en panne lors les premières utilisations, ou au bout de 7à 10 ans.

Ce que révèle cette enquête spéciale sur les extensions de garantie

Constat 1 : le forcing

Cet édifiant reportage pointe du doigt, le « forcing «  que font les magasins pour profiter de la crédulité, ou de l’ignorance de la clientèle sur

  • L’existence de garanties légales
  • La durée des garanties, pour chaque fabricant
  • Le contenu des garanties de chaque fabricant

Retenez que pour 99% des fabricants, les accessoires et les pièces d’usure ne sont pas prise en compte dans la garantie.
Ça, c’est le constat basique que tout le monde fait lorsqu’il regarde le reportage sur les extensions de garantie pour l’électroménager.

Constat  2 : obsolescence programmée

Cette enquête a probablement été réalisée pour rassurer les personnes sur l’inexistence de l’obsolescence programmée. Il n’y a pas d’appareil qui est spécialement programmé pour se mettre en rade au bout de deux ans.
Mais, Je pense sincèrement que tous les appareils ont une durée de vie (avant réparation) résumée à l’élément le plus fragile de l’appareil. Une fois réparé, l’appareil peut repartir de plus belle. C’est de la logique pure.
Les appareils coûtant de moins en moins cher, ils en deviennent forcément de plus en plus fragiles, même si les techniques de fabrication (et de contrôle qualité) s’améliorent. On ne peut pas avoir des prix toujours plus bas et des appareils qui durent toujours plus longtemps.

Constat 3 : anxiété versus tranquillité

Le message des magasins est : « Vous serez tranquilles avec vos 5 ans de garantie ». C’est un message plutôt engageant et rassurant. Et puis l’extension est souvent très peu chère, face au prix public de l’appareil.
Je le répète, ce sont souvent les pièces d’usure qui tombent en panne. Hélas, elles ne sont pratiquement jamais prises en compte dans la garantie.

Constat 4 : marge de l’électroménager

Le  problème ne serait-il pas tout autre ? Ce reportage sur l’électroménager ne soulève-t-il un point important sur le prix des appareils électroménagers ?

En effet, les appareils électroménagers sont de mieux en mieux équipés chaque année. Toujours plus d’électronique et de capteurs, pour économiser l’énergie. Le prix, quant à lui, ne cesse de descendre  chaque année.

Les marges des revendeurs sont donc faibles car ce sont les fabricants qui dictent les prix, et imposent leurs conditions. Lors de « l’entretien d’embauche » du reportage, le manager explique que s’il ne vend pas la garantie, il fait une marge de 8% sur le produit.

Le résultat est criant dans ce reportage : les chaines de magasins n’ont d’autres choix que de vendre d’autres « produits à marge », donc des extensions de garantie. Les appareils demandent trop d’argumentation, de preuves, ou de techniques. Résultat : les vendeurs n’y connaissent plus rien au produit, et vendent l’appareil électroménager en promo que le consommateur aura vu dans une pub. On lui ajoute une extension de garantie et tout le monde est content !

Conclusion sur les extensions de garantie

Le reportage est bon, et il est important de décrire une pratique commerciale. Or, nous pensons qu’il aurait mérité d’être un peu plus complet.

Le point de vue est vraiment du côté de la demande : le méchant vendeur qui se goinfre à vendre une extension à un pauvre petit consommateur anxieux. Le reportage parle d’ailleurs de 17%, la part des commissions sur la vente de garanties sur le salaire, avec un exemple chiffré. Il y a une erreur de calcul. Les 240€ bruts, sur l’exemple représentent plutôt aux alentours de 10% du salaire total.

C’est assez dommage, car le reportage aurait pu creuser sur les marges des magasins. « L’uberisation » n’a pas été inventée par Uber…

Les magasins sont étouffés, et cherchent des solutions pour subsister.
Le vrai effet négatif pour les consommateurs est que les enseignes ont dû créer des MDD (marques de distributeur), où les produits sont fabriqués aux coûts les plus bas. Les marges sont meilleures. Et l’on peut toujours vendre une extension, même à 10 €.